Le Chant des Dunes

"Le monde n'est qu'une branloire pérenne"

01 janvier 2009

Réponse à "Trouvez l'intrus"

Cette note est une réponse à l'énigme posée ici.

Les mots de cette série sont dits "autologiques", c'est-à-dire qu'ils correspondent à leur propre définition : le mot "français" est français, le mot "court" est court, le mot "lisible" est (ici) lisible, le mot polysyllabique, l'est, etc.

L'intrus est le mot "adverbe" qui n'en est pas un, (d'adverbe).

Le mot "intrus" pose, lui, un problème insoluble que l'on peut assimiler au paradoxe (ou antinomie) du logicien anglais Bertrand Russel illustré par le paradoxe du barbier.

En effet, si selon cette solution donnée, le mot "intrus" n'est pas autologique (c'est-à-dire s'il ne correspond pas à sa propre définition, contrairement aux autres mots de la liste) il est donc véritablement un intrus dans la série (qui sont tous, eux, autologiques, en dehors du mot "adverbe", bien entendu).

Mais (vous me suivez ?), si le mot intrus est un intrus dans cette série, il est donc autologique.

Et s'il est autologique, il n'est plus intrus dans la série.

On peut contourner le problème, en disant que le mot "intrus" n'est pas, en soi "autologique", puisqu'il ne correspond pas à sa propre définition, mais que sa présence dans cette série est, elle, autologique puisqu'elle en fait un intrus.

Bon, j'arrête là.

Cette énigme provient d'un recueil intitulé "Jeux intéressants" édité par Zulma. De mars 1981 à mars 1982, Georges Perec a tenu, avec Jacques Bens, la rubrique du même nom du mensuel "Ça m'intéresse".

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19 septembre 2008

Trouvez l'intrus

Dans la liste suivante, un mot ne devrait pas logiquement figurer.

Lequel et pourquoi ?

écrit, lisible, polysyllabique, court, singulier, masculin, adverbe, intrus, français, substantif, mot, traduisible, prononçable.

 

La réponse ici.

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06 novembre 2006

Les dix nouveaux commandements (décalogue)

· Tu n'auras aucun dieu.

· Tu adoreras des idoles pourvu qu’elles soient sexy et qu’elles déclarent "fuck me, I’m famous ".

· Tu jureras comme bon te semble, mais en évitant d’employer le nom d’un dieu quelconque pour bien prouver que tu es libre et aussi parce que, tant qu'à jurer, mieux vaut que ce soit sur quelque chose de crédible.

· Repose-toi tous les jours que ton patron te donnes et plus si tu peux et fais la fête les autres jours.

· Honore ton père et ta mère, s’il ne t’ont pas abandonné(e) à la naissance, sinon, oublie-les.

· Tu ne tueras, si c’est nécessaire, que les cons et les emmerdeurs, mais sans te faire prendre.

· Tu commettras l’adultère et tu accepteras que celui ou celle avec qui tu vis le fasse également, parce qu'il faut bien que le corps exulte et qu'il n'y a rien d'autre qui vaille dans la vie.

· Tu ne voleras que les riches, mais sans te faire prendre et tu donneras aux plus pauvres que toi, mais sans t'appauvrir toi-même.

· Tu ne mentiras que pour sauver ta peau ou la face, ou pour embellir la vérité.

· Tu convoiteras la maison de ton prochain, sa femme, son mari, sa soeur, son frère, ainsi que toute chose qui lui appartient et tu essaieras de t’en emparer par tous les moyens, légaux de préférence, ou alors sans te faire prendre.

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21 octobre 2006

Les lois de Murphy (ou de l'emmerdement maximum) et leurs corolaires

Je vous ai parlé dans une précédente note de la loi de l'emmerdement maximum (LEM) ou Loi de Murphy .

Je désirerais explorer plus profondément cette loi afin de donner à mes éventuels lecteurs des armes pour faire face aux difficultés qu'ils rencontrent dans la vie.

J'ai donc établi, après de longues et fastidieuses recherches su Internet et de non moins fastidieuses traductions à partir de la langue anglaise, une liste de 100 (oui, 100 !) lois, qui sont toutes plus ou moins dérivées de cette fameuse Loi de Murphy, mais qui sont ou apocryphes ou dues à des personnes que je n'ai pas toujours citées (qu'elles veuillent bien m'en excuser).

Tout d'abord, un petit rappel : Murphy était un sergent américain de la seconde guerre mondiale qui a tenté de réussir là où les scientifiques avaient échoué.

Pour ne rien vous cacher (petit veinards !), je préciserais même que le bruit court qu'en fait ces fameuses lois (car il y en a deux, la deuxième étant un corolaire de la première) ne seraient pas dues à Murphy lui-même, mais à quelqu'un qui avait le même nom que lui...

Première Loi de Murphy :

"Tout ce qui peut empirer, empire" ("Jacqueline Nebout.")

En fait, cette célèbre affirmation est une corruption de sa formulation originale:

"S’il y a une mauvaise manière de faire quelque chose, quelqu’un la trouvera et fera ainsi " ("If there's a wrong way to do a thing, somebody will find it and do it that way").

Deuxième loi de Murphy !  :

“Si les choses semblent aller mieux, c’est que vous avez  manqué quelque chose” ("If things appear to be going better, you have overlooked something”).

Ces lois sont censées mettre un peu d'ordre dans les caprices anarchiques de la nature.

Vint ensuite :

La première loi de Chisholm, corolaire de la deuxième loi de Murphy :

“Lorsque les choses semblent ne pas pouvoir être pires, elles le deviennent” ("When things just can't possibly get any worse, they will")

Et les commentaires de Ehrman :

1. Les choses empirent avant de s’améliorer ("Things will get worse before they get better").

2. Qui a dit que les choses devaient s’améliorer ("Who said things would get better ?")

 

Puis les nombreuses Extensions de la Loi de Murphy, dont celles-ci :

  1. Si vous ne réussissez pas au premier essai, détruisez tout ce qui prouve que vous avez essayé.

  2. Le succès a toujours lieu en privé, et les échecs en public.
  3. Personne ne fait attention à vous, jusqu’à ce que vous fassiez une erreur.

  4. Celui qui hésite a probablement raison.
  5. Si un document est confidentiel, il sera toujours oublié dans la photocopieuse.

  6. Une cravate propre attire le potage du jour.
  7. La dureté du beurre est directement proportionnelle au moelleux du pain.

  8. Le sac qui se casse est le seul qui contient les œufs.
  9. Le livre que vous avez acheté 20 euros aujourd’hui, sortira en version "Poche" demain.

  10. Quand vous voyez "taille unique", c’est que ça ne va à personne.
  11. Les lettres d’amour, les contrats d’affaires et les mandats que vous attendez arrivent toujours trois semaines en retard, tandis que le courrier publicitaire arrive le jour même où il a été expédié.

  12. Quand vous faites tomber des pièces, la petite monnaie tombe tout près de vous, tandis que les autres pièces roulent hors de votre vue.

  13. La violence d'une démangeaison est inversement proportionnelle à la possibilité d’atteindre l’endroit où elle se situe.

  14. L’expérience est quelque chose que vous n’acquerrez pas tant que vous n’en aurez pas besoin.

  15. Les pièces interchangeables ne le sont pas ("Interchangeable parts won't").

  16. A bicyclette, où que vous vouliez aller, c’est toujours en montant et contre le vent.

  17. La distance entre le comptoir d’enregistrement et votre avion est directement proportionnelle au poids de vos bagages et inversement proportionnelle au temps dont vous disposez avant le départ de l’avion.

  18. Dès que les hôtesses de l’air servent le café, on arrive dans les turbulences.
  19. Si vous vous sentez bien, ne vous inquiétez pas, ça passera.
  20. Les garanties expirent toujours au moment où vous en avez besoin.
  21. Si vous voulez plaire à tout le monde, personne ne sera content.
  22. Un raccourci est la plus longue distance entre deux points.
  23. Lorsque vous cherchez quelque chose, vous le trouverez toujours au dernier endroit ou vous regarderez.

  24. Peu importe le temps que vous mettrez à trouver un article que vous voulez acheter, dès que vous l’aurez acheté, vous le verrez moins cher dans un autre magasin.

  25. Pour obtenir un prêt, vous devez d’abord prouver que vous n’en avez pas besoin.

  26. Tout ce que vous essaierez de réparer vous prendra toujours plus de temps et vous coûtera toujours plus cher que vous ne le pensez.

  27. Peu importe que vous réussissiez à faire quelque chose de bien au travail, un supérieur essaiera  toujours de le modifier.

  28. Si ça coince, forcez. Si ça casse, c’est que de toute façon il fallait le changer.

  29. Si vous réparez votre voiture, un outil qui tombe roulera toujours sous la voiture, exactement au centre géographique.

  30. Le réparateur n’aura jamais vu un modèle comme celui-là auparavant.

  31. Quand une pièce est cassée, elle marchera toujours parfaitement lorsque le réparateur l’essaiera devant vous.

  32. Une pipe donne au sage le temps de penser et à l’imbécile quelque chose à se coller dans la bouche.

  33. Il n’existe aucune chose simple à faire qui ne puisse être faite de travers.

  34. Dans une hiérarchie, chaque individu atteint son propre niveau d’incompétence et y reste.

  35. La loi d’or de Murphy ... Celui qui a l’argent fait la loi.
  36. La nature a toujours un défaut caché.
  37. Tous les chemins bien pavés mènent quelque part.
  38. Vous devenez ce que vous combattez ("What you resist, you become").

  39. Se connaître soi-même est la forme ultime de l’agression (psychologie freudienne).

  40. Si plus d’une personne (ou le patron) fait une erreur, alors personne n’a tort.

  41. Lorsque vous doutez de quelque chose, ayez l'air convaincu.
  42. Ne discutez jamais avec un imbécile. Les gens pourraient ne pas faire de différence.

  43. Vous pouvez deviner que vous vous trompez lorsque vous avez fait un nombre anormal d’erreurs.

  44. Un des avantages d’être désorganisé est que vous découvrez constamment de nouvelles choses (A.A. Milne, auteur dramatique et rédacteur au journal satyrique "Punch, créateur de "Winnie-the-Pooh", connu en français sous le nom de "Winnie l’ourson").

  45. Pour réussir en politique, il est souvent nécessaire d'oublier ses principes.

  46. Il est souvent intéressant de trouver une foule qui va quelque part et de se mettre à sa tête.

  47. Un imbécile qui a de l’argent sera vite élu.
  48. Un individu lambda qui se prend les pieds dans ses lacets va lacer ses chaussures. Mais un expert va rechercher l’origine du problème et replacer les lacets comme il convient (When the average nobody trips over his shoelaces, he ties them. But an expert looks at the root of the problem, and removes the laces altogether).

  49. Personne ne va dans des endroits où il y a foule.

  50. Un comité, c’est une douzaine de personnes qui font le travail d’une seule.
  51. Voler une idée à une personne, c’est du plagiat. Voler une idée à plusieurs personnes, c’est de la recherche.

  52. Deux choses sont universelles : l’hydrogène et la stupidité.
  53. Lorsque vous allumez la radio, vous entendez toujours les dernières notes de votre air préféré.

  54. N’achetez jamais à un vendeur riche.
  55. Poser des question idiotes est plus facile que de corriger des erreurs idiotes.

  56. Vous ne savez pas vraiment ce que signifie "jurer" (i.e. "blasphémer") tant que vous n’avez pas eu votre permis de conduire.

  57. Commencez par dire non, puis négociez.
  58. Ni la vie, ni la liberté, ni la propriété de quiconque ne sont à l’abri, tant que le Parlement légifère.

  59. Toute personne populaire risque d’être haïe.
  60. Aucun défaut caché ne le reste.
  61. Chaque action a un équivalent opposé qui la vaut.
  62. Les gens qui aiment les saucisses et qui sont respectueux de la loi ne devraient jamais chercher à savoir de quoi elles sont faites.

  63. La conclusion vient lorsque vous en avez assez de penser.

  64. Le seul article que vous voulez est celui qui n’est pas soldé.

  65. Le téléphone sonne toujours lorsque vous êtes à la porte en train de vous battre avec vos clés.

  66. Première loi de la socio-génétique : le célibat n’est pas héréditaire.

  67. Première loi de l’Histoire : l’Histoire ne se répète jamais... les historiens répètent ce que disaient les  historiens précédents.

  68. Règles de Flugg : "Plus le motif pour lequel vous faites la queue est urgent, plus l’employé du guichet sera lent". 68 bis : "C’est lorsque vous voulez toucher du bois que vous réalisez que le monde est composé de plastique et d’aluminium".

  69. A tout problème complexe, il y a une solution simple, claire et fausse.
  70. Si vous ne pouvez pas répondre à la question, changez-la.
  71. N’ayez jamais confiance en quelqu’un qui vous dit "aie confiance en moi".

  72. La lumière au bout du tunnel est le phare d’un train qui arrive.

  73. Il y a au moins un vendredi 13 par an.
  74. Il y a quelque chose de pire que des toilettes hors service : des toilettes hors service et vous qui voulez les utiliser.

  75. Ce qu’un homme politique vous donne une fois élu, est inversement proportionnel à ce qu’il vous avait promis.

  76. Les registres de présence ne sont remplis que le jour où vous êtes absent.

  77. Si vous êtes prêt, vous n’aurez pas besoin de l’être, si vous ne l’êtes pas, si.

  78. Si votre appareil photo a une pellicule de n photos, la meilleure photo que vous prendrez sera à n+1.

  79. Si vous ne réussissez pas du premier coup, changez la définition de la réussite.

  80. Les manuels d’instructions sont toujours écrits en grec et sont toujours plus lourds que ce qu’ils sont supposés expliquer.

  81. La science a raison : ne vous laissez pas abuser par les faits (finagle law).
  82. Première loi de Finagle : si une expérience fonctionne, c’est que quelque chose ne va pas.

  83. Quatrième loi de Finagle : si quelque chose ne marche pas, toute tentative pour l’améliorer ne fera que l'empirer.

  84. Demander à un groupe de scientifiques de revoir leur théorie, c’est comme demander à un groupe de policiers de revoir la loi.

  85. L’expérience permet de faire de nouvelles erreurs plutôt que des erreurs anciennes.

  86. La gloire  peut-être soudaine, mais l’obscurité est éternelle.
  87. Ne crois pas aux miracles, mais fais leur confiance.
  88. Si vous consultez assez d’experts, vous pouvez conforter n’importe quelle opinion.

  89. Si vous savez faire la différence entre un bon et un mauvis conseil, alors vous n’avez pas besoin de conseils.

  90. On ne peut pas avoir confiance dans les ordinateurs, mais encore moins dans les humains.

  91. Tout système qui dépend de la confiance en l’homme n’est pas digne de confiance.

  92. La seule différence entre un imbécile et un criminel est que l’imbécile va attaquer de façon imprévisible et de face.

  93. Tout système évolue en complexité plutôt qu’en simplicité, jusqu’à ce qu’il devienne si peu fiable que cela en est intolérable.

  94. Rien ne sera jamais assez bon pour que quelqu’un, quelque part, ne puisse le détester.

  95. Un diplomate est quelqu’un qui va vous dire d’aller au diable de telle façon que vous allez attendre impatiemment d’y aller.

  96. La queue d’à côté va toujours plus vite
  97. Laissées à elles-mêmes, les choses vont de mal en pis.
  98. Chaque solution crée de nouveaux problèmes.
  99. Ca marcherait mieux si vous branchiez l’appareil.

Et la meilleure pour la fin :

  1. Ça ne marchera jamais….

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12 octobre 2006

Vrai, bon et utile : les trois tamis de Socrate

L'histoire ci-dessous est totalement apocryphe et ressemble, à mon humble avis, plus à l'illustration d'un stage de management qu'à de la philosophie mais, telle qu'elle circule sur le net, elle est racontée comme ceci :

Un jour, quelqu'un vint voir Socrate et lui dit :

- Écoute, Socrate, il faut que je te raconte comment ton ami s'est conduit.
- Arrête ! interrompit l'homme sage. As-tu passé ce que tu as à me dire à travers les trois tamis ?
- Trois tamis ? dit l'autre rempli d'étonnement.
- Oui, mon bon ami : trois tamis. Examinons si ce que tu as à me dire peut passer par les trois tamis. Le premier est celui de la vérité. As tu contrôlé si tout ce que tu veux me raconter est vrai ?
- Non, je l'ai entendu raconter et...
- Bien, bien. Mais assurément tu l'as fait passer au travers du deuxième tamis. C'est celui de la bonté. Ce que tu veux me raconter, si ce n'est pas tout à fait vrai, est-ce au moins quelque chose de bon ?
Hésitant, l'autre répondit :
- Non, ce n'est pas quelque chose de bon, au contraire...
- Hum ! dit le sage, essayons de nous servir du troisième tamis, et voyons s'il est utile de me raconter ce que tu as envie de me dire...
- Utile ? Pas précisément...
-Eh bien ! dit Socrate, si ce que tu as à me dire n'est ni vrai, ni bon, ni utile, je préfère ne pas le savoir, et quant à toi, je te conseille de l'oublier.

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07 septembre 2006

Marre du franglais

Je ne sais pas si vous faites partie de ceux à qui les mots supposés empruntés à la langue anglaise donnent la gerbe (je dis "supposés", car il arrive souvent que même les Anglais n'utilisent pas ces mots pour désigner ce que l'on prétend désigner chez nous).

Combien de fois ai-je entendu ma DRH (que la petite vérole la terrasse) prononcer des mots sortis de son dernier séminaire de "coaching" (entraînement), croyant donner ainsi plus de poids à ses propos, mais qui en faisaient surtout ressortir la vacuité.

La mienne avait quelques préférés qu'elle nous assénaient à tout bout de champ, jusqu'à ce que le mot devienne incontournable dans l'entreprise et que même les plus réticents les utilisent, de crainte de paraître ringards.

La première fois qu'elle a utilisé le mot "benchmarking" (référençage) j'ai naturellement, comme tout le monde, pris l'air entendu du cadre dynamique pour qui ce genre de terme fait partie du B-A BA.

Une fois sortis de la réunion, un rapide sondage m'avait convaincu que je n'étais pas le seul à ne pas savoir ce que cela signifiait.

Et même ceux qui pensaient savoir avaient du mal à l'expliquer.

Depuis j'ai compris que ma DRH était une illettrée de première qui faisait au minimum une faute d'orthographe par ligne lorsqu'elle envoyait des mails.

Tout s'est expliqué lorsque j'ai appris qu'en fait, cette personne pour qui la fonction de DRH se résumait à trouver de bonnes raisons de licencier les employés qu'elle avait elle-même embauchés 6 mois auparavant en leur trouvant toutes les qualités du monde, avait un diplôme d'ingénieur en ... mécanique des fluides.

Je ne voudrais vexer personne, mais bien qu'il soit toujours possible de trouver, en cherchant bien, une relation entre la mécanique des fluides et la "gestion des ressources humaines" (quel bel euphémisme pour désigner l'esclavage), je lui ai pardonné bien des choses lorsque j'ai réalisé que la malheureuse, avec un diplôme pareil, ne pouvait pas connaître la langue française.

Et, non contente d'inonder l'entreprise de ses mails pourris de fautes d'orthographe (ce dont, il faut bien l'avouer, personne ne s'apercevait), elle se permettait de faire des remarques désobligeantes, les rares fois où elle-même, repérait une faute dans un document pondu par l'un des employés.

Mais je me laisse emporter par mon sujet (que les Papous l'empapaoutent) et je n'ai pas encore pu vous transmettre un petit lexique (non exhaustif, bien entendu) des termes dont la hiérarchie nous bassine à longueur d'année, avec une traduction en "bon françois" (pas toujours heureuse, c'est vrai, mais les propositions sont ouvertes).

Bien entendu, il ne s'agit pas de rechercher à tout prix d'éviter l'utilisation de mots d'origine étrangère.

Après tout, la langue française en est truffée et bon nombres d'entre-eux ont été intégrés depuis très longtemps (pas uniquement à partir de l'anglais d'ailleurs : la langue arabe nous a fourni pas mal de mots).

Mais dans certains cas, ça devient ridicule et affecté.

Voici, donc, un petit échantillon (sample) :

. abstract : résumé, abrégé

. audit : vérification, contrôle

. background : historique, environnement

. booster : survolter, propulser, accélérer

. borderline : état limite

. brainstorming : remue-méninges (d'accord avec vous, c'est pas génial)

. briefing : information, consignes d'exécutions

. broker : courtier

. building : bâtiment

. buisiness class : classe affaire

. B2B (prononcer "bitoubi", Businness to Business) : d'entreprise à entreprise, entre-entreprises

. cash flow  : liquidités

. challenge : défi, gageure, pari (ou challenge, du vieux français, en le prononçant à la française et non pas "chalindge" qui est du dernier ringard)

. challenger : rival

. check-list : liste de contrôle

. coaching : entraînement

. consultant : conseil(ler)

. deal : accord

. débriefing : évaluation (des résultats)

. dispatcher : répartir, distribuer

. download : téléchargement (ou verbe télécharger)

. flyer : prospectus

. freelance : indépendant

. incentive : incitation

. joint-venture : co-entreprise

. leader : meneur, dirigeant, chef de file

. leasing : crédit-bail

. listing : liste (ben oui...)

. mailing : publipostage

. manager : cadre, dirigeant (ou, pour le verbe : diriger)

. monitoring : électro-surveillance

. newsletter : lettre d'information

. opportunité : possibilité, chance, occasion (à saisir)

. optionnel : facultatif

. planning : plan, échéancier

. paper board : tableau papier

. performant : efficace

. process : processus, procédé

. relaxation : détente

. score : marque, résultat,

. sponsoriser : soutenir

. spray : vaporisateur

. standard : norme, canon, type, modèle, étalon, (ou, pour l'adjectif : normalisé, uniformisé)

. stress : tension, angoisse

. stressé : tendu

. timing : minutage

. training : formation , entraînement.

. turn-over : renouvellement, rotation, taux de remplacement (terme très DRH !).

Voilà, mais il y en a tant que je ne voudrais pas vous lasser.

Pour ma part, je fais de la résistance et j'essaie de toujours employer le terme français, lorsque c'est possible.

See you later !

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Origine du nom des notes de musique

A l'origine, la musique était notée par les lettres de l'alphabet (ce système est d'ailleurs encore utilisé dans les pays anglo-saxons et en Allemagne en particulier), mais la méthode posait des problèmes, en matière de mémorisation notamment.

Guido d'Arezzo, théoricien de la musique, eut l'idée en 1028, de s'inspirer d'un hymne des vêpres ("Hymne à Saint Jean Baptiste"*) pour nommer chacune des notes de la gamme. 

Pour se faire, il a utilisé tout simplement la première syllabe du début de chaque verset de cet hymne, que l'on doit à Paul Diacre (730/799).


Voyez plutôt :

Utqueant laxis
Resonare fibris

Mira gestorum
Famuli tuorum
Solve polluti
Labii reatum
Sancte Ionaes

La gamme utilisée par Guido d'Arezzo ne comportait à l'origine que 6 notes (ut, ré, mi, fa sol, la).

Ce n'est qu'au XVIème siècle, que le moine français Anselme de Flandres nomma la septième note, "si".

Le "ut" ne deviendra "do" qu'au XVIIème siècle, pour une question de facilité de prononciation.



Traduction du latin :

*(Pour que puissent
résonner des cordes
détendues de nos lèvres
les merveilles de tes actions,
enlève le péché
de ton impur serviteur,
ô Saint Jean)

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28 août 2006

Solution énigme message codé Georges Perec

Ci-dessous la réponse à l'énigme posée dans la note que vous trouverez ici.

Dans chacun des 12 mots, une lettre est double : dans le premier un C, dans le deuxième un A, dans le troisième un M, dans le quatrième un I, dans le cinquième un N, etc., ces lettre formant le titre du journal dans lequel est parue l'énigme de Georges Perec : ÇA M'INTÉRESSE*

*(De mars 1981 à mars 1982, Georges Perec a tenu, avec Jacques Bens, la rubrique des "Jeux intéressants" de ce mensuel).

26 août 2006

Énigme : le message codé de Georges Pérec

Cette énigme est tirée d'un recueil de Georges Perec, "Jeux Intéressants" (Editions Zulma).

Trouvez derrière cette liste de 12 mots un message codé :

ACCROC
AARHUS
EMMELE
HAWAII
RENNES
PATTON
REELUE
MARRON
EGAREE
DESSIN
ASSAUT
CREENE

La réponse est ici

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11 août 2006

Paradoxes et énigmes

1. PARADOXE DE RUSSEL

A l'origine, Le paradoxe de Russell est une histoire assez rébarbative d'ensembles (ou de "classes", selon le terme utilisé par Russell lui-même), qui dit, grosso-modo ceci :

"La classe des classes n'appartenant pas à elles-mêmes appartient-elle à elle-même ?

Si on répond oui, alors, comme par définition les membres de cette classe n'appartiennent pas à eux-mêmes, elle n'appartient pas à elle-même. Il y a donc contradiction.

Mais si on répond non, alors, elle a la propriété requise pour appartenir à elle-même : nouvelle contradiction.

On a donc une contradiction dans les deux cas, ce qui fait le paradoxe."

Si vous n'avez rien compris, c'est que, comme moi, vous n'êtes pas un matheux et que les histoires d'ensembles vous prennent la tête.

Mais ce paradoxe est surtout connu grâce à l'illustration qui en a été faite dans l'histoire du barbier :

Il était une fois, dans un royaume très improbable, un roi qui s'ennuyait beaucoup car il ne se passait rien dans son royaume et qui, pour passer le temps, décrétait des édits tous plus farfelus les uns que les autres.

Un de ces édits, qui laissa perplexe le peuple de son royaume, était :

"Le barbier doit raser uniquement les hommes qui ne se rasent pas eux-mêmes"

Le malheureux barbier (le seul du royaume) fut si perplexe qu'il lui fut impossible de respecter cette règle car :

- S'il se rasait lui-même, il enfreignait la règle, puisque le barbier ne peut raser "que les hommes qui ne se rasent pas eux-mêmes" (et il était barbier, donc il ne pouvait se raser, car il rasait alors lui-même et se rasait ainsi lui-même - vous suivez, là-bas dans le fond ?)

- S'il se faisait raser par quelqu'un d'autre, il était en tort également, (car, étant barbier, c'était à lui que revenait la charge de raser les hommes qui ne se rasent pas eux-mêmes).

Cette règle est donc paradoxale car elle entraîne une situation et son contraire.

Il n'y a pas de solution, autre que mathématique, à ce paradoxe et je me garderai bien de me lancer là-dedans...

2. LE PARADOXE DU MENTEUR

C'est un peu le même genre que le précédent, mais l'histoire est différente.

Le paradoxe du menteur est une variante du paradoxe du Crétois (qui aurait été évoqué par le philosophe crétois -tatoué !- Epiménide, mort à l'âge canonique de 157 ou 299 ans, on ne sait pas trop).

C'est dans la Bible qu'est cité ce fameux paradoxe du menteur.

Paul de Tarse*, dans son épitre à Tite, raconte ceci :

"Quelqu'un d'entre eux, leur propre prophète, a dit :

- Les Crétois sont toujours menteurs, de méchantes bêtes, des ventres paresseux."

Le prophète dont il est question serait justement notre Epiménide qui, étant Crétois, devait lui-même mentir : donc son affirmation était fausse.

D'où paradoxe !

Le paradoxe en question peut donc s'énoncer ainsi :

"Un homme qui dit qu'il est en train de mentir, dit-il la vérité ou ment-il ?"

Ou, sous une forme encore plus concise :

"Je mens !"

Cette affirmation peut être traduite de 2 manières :

- en tant qu'énoncé, cette phrase dit : "Cette phrase est fausse" (puisque je mens, cette phrase signifie en fait : "je dis la vérité")

- en tant que propos (sens), il faut comprendre : "Je mens maintenant." (en disant que je mens, je dis en fait la vérité).

"Étonnant, non ?" comme aurait dit le regretté Desproges...


*[Paul de Tarse (Saül pour les juifs), saint Paul, est une des grandes figures du christianisme dès son origine. Il joua un rôle si important dans le développement et la diffusion du chtistianisme "primitif" que certains le considèrent comme le véritable fondateur du christianisme.]



3. L'ENIGME DES DEUX GEANTS

Pour finir, une petite énigme sur le mensonge, justement :

A la sortie d'un labyrinthe, deux portes :

L'une de ces portes vous emmène au Paradis et l'autre, vous l'avez deviné, en Enfer.

Chaque porte est gardée par un géant.

L'un des deux géants ment toujours, l'autre jamais.

Comment trouver la bonne porte (en supposant que vous préférez le Paradis à l'Enfer, bien sûr) en ne posant qu'une seule question à l'un des deux géants ?

[Le géant qui ment ne garde pas forcément la porte de l'Enfer et on ne sait évidemment pas, au départ, lequel des deux ment.]

La réponse ci-dessous (mais réfléchissez, d'abord, bande de flemmards !)


La question à poser à un des deux géants (n'importe lequel) est :

"Que répondrait l'autre garde si je lui demandais si sa porte est celle du Paradis ?"

-si le garde répond "oui", c'est sa porte qui est celle du Paradis
-si le garde répond "non", c'est la porte de l'autre qui est celle du Paradis.

Explication (accrochez-vous) :


1. Si c'est le géant menteur qui est devant la porte du Paradis, il répondra "oui" à la question, car il donnera le contraire de la réponse de l'autre garde (qui dit la vérité et aurait répondu non, puisqu'il ne ment pas).
L'autre garde (celui qui dit la vérité) lui dira "non" car il donnera la réponse de l'autre garde (puisqu'il il sait que l'autre va mentir).

2. Si c'est le géant menteur qui est devant la porte de l'Enfer, il répondra "non" à la question car il donnera le contraire de la réponse de l'autre garde (qui dit la vérité et aurait répondu oui, puisqu'il ne ment pas).
Si celui qui dit la vérité est devant la porte du Paradis, il répondra "oui" à la question car il donnera la réponse de l'autre garde, sachant qu'il va mentir.
Si celui qui dit la vérité est devant la porte de l'Enfer, il répondra "non" à la question car il donnera la réponse de l'autre garde  sachant qu'il va mentir.

Peut importe donc à quel géant vous posez la question, s'il répond "oui" c'est qu'il garde bien la porte du Paradis.
Sinon... c'est l'autre.

Vous suivez là-bas, dans le fond ?

 

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