09 décembre 2007
"Sobald das Geld im Kasten klingt, Die Seel’aus dem Fegfeuer springt"
"Aussitôt que l'argent tinte dans la caisse, l'âme s'envole du
Purgatoire"… (Johann Tetzel - 1465-1519)
Depuis
au moins Martin Luther -non, pas le "King" qui "had a dream" :
le premier, celui qui fut à l’origine du protestantisme (1483/1546)- on pensait naïvement que la pratique des indulgences*, qui consistait pour les cathos, moyennant finances, à se laver de leurs péchés (l'église jouant sur la peur de l’Enfer) était
rangée au rayon du folklore religieux, au même titre que les papes "borgiesques", les directeurs du marketing du
Vatikan ayant compris que ces pratiques, si elles avaient
l’avantage d’être rigolotes, ne faisaient pas très grand cas de la notion de
péché**.
Eh
bien non, savez-vous.
Le
clown Ratzinger, l’inénarrable Benoît XVI, un rêve d’anti-clérical à lui tout
seul, vient, pour la troisième fois depuis qu’il a le droit de porter la jolie
robe (et la tiare !) de pape des
cathos, d’accorder aux pèlerins se rendant à Lourdes entre le 8 décembre 2007 et le 8
décembre 2008 "l'indulgence
plénière"***.
Après
les participants aux Journées mondiales de la jeunesse de Cologne (août 2005),
et les malades (février 2007) ce sont
donc des trains entiers (Paris/Lourdes : voir les tarifs sur SNCF.com) qui auront
permis auxdits pèlerin-pécheurs d’échanger pour un an au moins un aller simple pour l’Enfer contre un aller simple pour le
Purgatoire en attendant mieux.
Il s'agit-là, de toute évidence, d'une tentative désespérée de l'Eglise catholique pour essayer
de ramener dans son giron un maximum de brebis égarées, à moins qu'on ait là un accord commercial tout ce qu'il y a de plus classique entre la CCI de Lourdes et le Vatikan qui prend son pourcentage sur les bénéfices au passage, en échange de sa promotion.
Entre le musulmans qui promettent le paradis direct avec sept dizaines bien pesées de vierges pour les martyrs et le catholicisme qui vous lave plus blanc que blanc de vos péchés si vous allez acheter une statuette ultra kitsch à Lourdes (paradis des marchands de colifichets pour mettre sur le napperon de la télé), les religions ne savent plus quoi faire pour rameuter le client.
Art Lourdesque
Le sens du ridicule n’est plus ce qu’il était.
*[Le canon définit
l'indulgence comme : "la rémission devant Dieu de la peine
temporelle due pour les péchés dont la faute est déjà effacée, rémission que le
fidèle bien disposé obtient à certaines conditions déterminées, par l'action de
l'Église, laquelle, en tant que dispensatrice de la rédemption, distribue et
applique par son autorité le trésor des satisfactions du Christ et des
saints."]
***[Au XVIe
siècle, le trafic des indulgences, monnayées par les papes, avait provoqué la
rupture du moine Martin Luther avec la papauté et entraîné la Réforme.
Quant à Voltaire, qui
aurait dit qu’"Après avoir
ainsi composé avec les hommes, on composa ensuite avec Dieu", il semble
qu’il ait surtout critiqué les abus qui entachaient la pratique, et accusait
même la tarification de ne pas avoir été approuvée par un concile (!).]
***[L’indulgence est dite partielle ou plénière, selon qu’elle libère partiellement ou totalement de la peine temporelle due pour le péché.
Les
actes auxquels sont attachés une indulgence plénière ne mangent pas de pain, il
s'agit de :
- réciter le chapelet dans une église ou à plusieurs.
- une demi-heure d'adoration.
- une demi-heure de lecture de la Bible.
- recevoir la bénédiction papale urbi et orbi à Pâques, à Noël, ou lors de l'élection d'un nouveau pape, même par des moyens audiovisuels (on est son temps ou on ne l'est pas).]
23 novembre 2007
Y'a jamais eu de Pie XIII : superstition ?
17 novembre 2007
La mariée était en noir et barbue
Un truc intitulé très sobrement
et très clairement
"Conséquences ecclésiologiques et canoniques de la nature sacramentelle de
l’Église – Conciliarité et synodalité dans l’Église" (sic)
vient d’être pondu en commun entre le barbu en chef (la barbe fait le chef, chez ces gens-là) des
orthodoxes et le pas barbu en chef des cathos.
Et cette chose, dont
le titre à lui seul est déjà tout un poème, est censé dire, en faisant bref,
que le pape des cathos il est aussi le chef des orthodoxes.
Vous allez me dire
que ça vous fait une belle jambe ("le
pape ? combien de divisions ?") et que s’ils font des petits
on se dépêchera de les noyer vite fait, mais c’est quand même rigolo que ces
deux vieillards viennent, après 953 ans de chambre à part, de décider de se
rabibocher et de se remettre ensemble.
Mais bien entendu,
comme on est entre byzantins et romains, ce n’est qu’un replâtrage de façade,
car il faut maintenant enculer les mouches, c'est-à-dire déterminer qui sera le
"primus inter pares"
car, comme chacun le sait, "ceux
qui sont les premiers doivent reconnaître parmi eux celui qui est le
premier".
Comme disait
Coluche, qui s’y connaissait en matière de religion, de rigolade et d’égalité : "Nous sommes tous égaux, mais
certains sont plus égaux que d'autres. "
Et les enfants ?
S’ils font des enfants, comment les appellera-t-on ?
Achkène, Aghavnie,
Anahide, Ankinée, Anouche, Araxie, Ardémisse, ou Françoise, Geneviève,
Bernadette, Cécilia, Yvonne, Josette (pour
les filles) ?
Achille, Alcide,
Alexandre, Aristide, Athanase ou Henri, Jacques, Benoît, Jean-Paul, Gérard (pour les garçons) ?
D’après moi, cette
union contre nature ne durera pas longtemps.
Les deux époux, avant le "bacio bagnato" qui scellera leur union
-Mais que fait la police ?-












